Le contre-transfert, un exemple :
le débat sur la psychanalyse et sur la pédagogie
entre Anna Freud et Melanie Klein

Luiz Eduardo Prado de Oliveira

Pour exposer les enjeux du problème de la présence de la pédagogie à l’intérieur de la psychanalyse, je dois traiter de la question des controverses entre Anna Freud et Melanie Klein. Le problème de l’articulation entre pédagogie et psychanalyse prend racine dans ces controverses, quand Melanie Klein accuse Anna Freud de ne pas faire de la psychanalyse, puisqu’elle accorderait une large place à la pédagogie dans sa technique psychanalytique. Anna Freud lui répond que la simple présence d’un adulte auprès d’un enfant est déjà, à sa racine, pédagogique. Les accusations de Melanie Klein s’étendent. Elle accuse Arma Freud de ne pas garder la neutralité psychanalytique, puisqu’elle prend contact avec l’entourage de l’enfant. Anna Freud, pour sa part, soutient qu’il est impossible de travailler avec un enfant en négligeant son entourage, vu que l’enfant en dépend. L’enfant dont parle Anna Freud est un enfant réel qui cherche à accéder à la symbolisation, alors que l’enfant dont parle Melanie Klein vit dans l’imaginaire, tout en ayant la même quête. De même, les parents de l’enfant en cure analytique avec Anna Freud sont des parents bien réels, alors que les parents de l’enfant en cure avec Melanie Klein sont tout autant imaginaires que le monde où vit leur enfant, au point de sembler ne pas exister en dehors du monde de leur enfant. Melanie Klein prétend ne pas s’occuper de l’éducation de cet enfant, alors que sa technique d’interprétation est bel et bien une forme de pédagogie qui n’ose pas s’avouer. De toute évidence, l’une et l’autre ne parlent pas du même enfant, mais il convient de ne pas nous arrêter à cette constatation et d’établir d’autres paramètres des lieux analytiques qu’elles arpentent.

Ces questions sont toujours d’actualité. Elles le sont d’autant plus que les analystes s’évertuent à ne pas entendre ces controverses dans leur dimension proprement analytique et à prétendre juger la valeur des contributions respectives d’Anna Freud et de Melanie Klein, oublieux, chemin faisant, de leur propre " contre-transfert transculturel ".

Deux exemples : en premier lieu, l’articulation de la pédagogie et de la psychanalyse découle du réel problème posé par Freud de l’articulation du contre-transfert et du transfert ou, autrement dit, de la suggestion et de l’interprétation. Le contre-transfert serait de l’ordre du pédagogique, tout comme la suggestion, alors que seule la prise en considération du transfert serait psychanalytique, produisant l’interprétation. En deuxième lieu, rappelons-nous souvent que si la France et l’Amérique Latine vivent à l’ombre des théories de Melanie Klein et d’autres kleino-lacanismes, l’Allemagne et les Etats-Unis ignorent massivement la contribution de cet auteur, lui préférant nettement les contributions d’Anna Freud. Nos préférences et nos jugements proviennent de nos contre-transferts, de ce que nous voulons ou pouvons entendre – ou de ce que nous ne voulons pas ou ne pouvons pas entendre – à partir de l'idiotie de nos cultures.

On a pu prétendre en France, par exemple, que seule Melanie Klein pouvait prendre en considération la dimension symbolique du transfert, même si elle devait le faire par le biais de l'imaginaire, car elle seule aurait conçu la situation analytique et le psychisme comme obéissant d'emblée à une structuration ternaire, alors qu'Anna Freud aurait renfermé la cure dans une relation duelle. Ces thèses auraient pris appui sur les accusations de Melanie Klein contre Anna Freud, selon lesquelles sa rivale n'analyserait pas le complexe d'Œdipe et le transfert. L'indignation de Freud a été grande. Qu'aurait-elle analysé, sa fille, si elle n'analysait pas justement cela ? — écrit-il à Jones. Les accusations de Melanie Klein avaient comme conséquence de disqualifier Anna Freud en tant qu'analyste, alors qu'elle avait été formée par son père et par son cercle le plus proche. Cette formation est certes problématique, mais pas plus que celle de Melanie Klein.

Permettez-moi de donner un exemple. L'approche faite par chacune de ces femmes de la question de la guerre, à travers les cures menées par chacune et des dispositifs analytiques qu'elles ont créé. L'analyse de Richard montre que Melanie Klein considérait la guerre comme une production imaginaire qu'il fallait apprendre à symboliser pour être en mesure de l'affronter dans la réalité, alors que les groupes d'enfants et autres dispositifs organisés par Anna Freud montrent qu'elle la considérait comme une réalité qui devait être symbolisée avant de pouvoir être imaginée. Il est difficile de concevoir qu'un psychanalyste qui se sert de dispositifs groupaux puisse se renfermer dans une relation duelle. Au contraire, il est facile d'imaginer qu'un psychanalyste qui se ferme dans le sollipsisme du transfert, en refusant toute intérrogation du contre-transfert, puisse le faire.

Les controverses

Melanie Klein est née en 1882, Anna Freud, en 1895. La première était de treize ans l’aînée de la deuxième. Les premières rumeurs de divergences entre elles datent des débuts de 1920. Ce ne sont encore que des bisbilles, l’un des aspects de ce qu’on appelle " girl talk " aujourd’hui à New York. Ces bisbilles, ces " girls talk ", vont acquérir un caractère plus sérieux en 1926, quand Anna Freud publie son livre sur la psychanalyse des enfants. C’est le deuxième moment des controverses entre Anna Freud et Melanie Klein, le seul vraiment sérieux et porteur d’une certaine violence.

La violence d’Anna Freud est d’ignorer les contributions de Melanie Klein, ou de prétendre le faire, ou de les amoindrir. Alors que son aînée a déjà plusieurs articles publiés, des articles importants et qui commencent à dessiner les contours d’une contribution théorique majeure dans l’histoire de la psychanalyse, Anna Freud ne semble pas être attentive à cette contribution. Elle la mentionne à la légère, pour s’en démarquer, confirmant ainsi les bisbilles. La violence d’Anna Freud correspond au mépris de la Vienne impériale de l’époque envers le reste du monde, ou presque.

A ce mépris, les britanniques et Melanie Klein répondent en 1927, lors d’un colloque sur la psychanalyse d’enfants organisé à Londres. Et cette réponse est porteuse d’une autre violence. Alors qu’Anna Freud prétendait ignorer Melanie Klein, celle-ci s’adresse directement à elle et, au-delà, à la communauté analytique. Anna Freud n’aurait rien compris, ni au complexe d’Œdipe, ni à la technique analytique, ni au transfert de l’enfant.

Anna Freud n’aurait rien compris au complexe d’Œdipe puisqu’elle ne comprend pas les stades précoces des conflits œdipiens – et c’est là l’une des contributions majeures et les plus indiscutables de Melanie Klein, pour ceux qui ont l’expérience clinique des pathologies limites ou de celles dites lourdes. Cependant, il est délicat de déduire que ceux qui n’admettent pas les stades précoces du complexe œdipien ne peuvent pas " vraiment " comprendre le déroulement des élaborations œdipiennes ultérieures. Et Melanie Klein procède à cette déduction.

Elle accuse encore Anna Freud de ne pas comprendre l’équivalence entre le jeu de l’enfant et la libre association – et c’est une autre des plus fécondes contributions de Melanie Klein, même si elle est toujours source d’interrogations. Il y a enfin la question de l’assimilation du transfert de l’enfant au transfert de l’adulte, ce qui demeure problématique, alors qu'il est plus probable qu'existe un certain isomorphisme entre eux, ainsi qu’entre le jeu et la libre association. L’ignorance d’Anna Freud l'obligerait à faire de la pédagogie plutôt que de la psychanalyse, accuse Melanie Klein.

Il n’en demeure pas moins qu’Anna Freud insiste sur une évidence : la présence d’un adulte auprès d’un enfant est déjà, et par elle-même, pédagogique, alors que la compagnie de deux adultes implique d’autres enjeux. Par ailleurs, ses contributions se situent dans un tout autre domaine que celles de Melanie Klein. Alors que l’une élargit l’élaboration métapsychologique en psychanalyse, l’autre organise la prise en charge institutionnelle d’enfants lourdement traumatisés, qu’ils aient été victimes du désarroi des populations juives viennoises, de l’effroi des bombardements sur Londres ou, plus tard, des terreurs des camps de concentration. Anna Freud, à la suite de son père, pose l’impératif du travail avec les familles de tels enfants.

En 1936 ont lieu des " conférences d’échange " entre viennois et britanniques, en vue d’un aplanissement des divergences et d’un certain encadrement du mouvement psychanalytique international. Peu après, quand la famille Freud s’exile à Londres, des divergences qui couvaient entre Glover, psychiatre et vice-président de la Société britannique de psychanalyse, et un groupe réuni autour de Melanie Klein, semblent pouvoir prendre une autre tournure, plus explosive. Glover semble reprocher à Melanie Klein ses incursions – pourtant très riches – dans le monde de la psychose. Il semble croire aussi que les viennois, dont Anna Freud au premier chef, pourraient l’aider à régler ces divergences. Des débats sont alors organisés, appelés tantôt " grandes controverses ", tantôt " controverses entre freudiens et kleiniens ", tantôt " controverses entre Anna Freud et Melanie Klein ", alors qu’Anna Freud n’intervient que quatre fois dans des discussions qui ne semblent pas l’intéresser outre mesure, que Melanie Klein ne s’adresse à elle qu’une ou deux fois – et de manière plutôt polie, pour lui témoigner son accord –, et que les kleiniens ne l’attaquent jamais. La manière de nommer ces débats traduit le trouble du monde analytique européen, la soif de " vaincre " des kleiniens, alors que la réalité indique, ou impose, ou bien l'articulation entre deux ensembles de thèses, ou bien la prédominance scientifique nord-américaine indiscutable. Les faits sont têtus.

Pédagogie et psychanalyse : aller-retour

Etant donné cet état de choses, la question peut se poser du souvenir-écran constitué par ces controverses pour la pensée psychanalytique dans son histoire. Elles ont pu être " grandes " ou " inaugurales " certes, sans pour autant être une " lutte sans merci ", un " combat acharné " d’une " violence inouïe ", ni forcément " la période la plus importante de l'histoire de la psychanalyse en Grande-Bretagne ". Le mythe a pu se constituer d’une perpétuelle renaissance de la Société britannique de psychanalyse de ses propres cendres, " à partir d’un conflit conjugal grave ", mais force est de constater que le couple à qui ce mythe s'appliquerait n’est pas tant celui de Melanie Klein et Anna Freud (ce qui renvoie au fantasme troublant d’une scène primitive homosexuelle, entre deux femmes qui se féconderaient mutuellement), mais bien plutôt au couple haineux formé par Melanie Klein et Edward Glover, à côté duquel se profile le couple incestueux formé par Glover et Melitta Schmideberg, fille de Melanie, en analyse avec Glover à l’époque de ces controverses.

Ce n’est pas une " lutte sans merci " ni un " combat acharné " qui se déroulent entre Anna Freud et Melanie Klein. Même si ces dames persistaient dans leurs bisbilles, dans leurs " girls talk ", l’enjeu de leurs rapports s’inscrit dans trois différentes perspectives.

En premier lieu, d’origine juive viennoise et exilées toutes les deux, elles possédaient de nombreux points en commun. Les contacts cordiaux entre Melanie Klein et Anna Freud n’étaient pas inexistants. Le 1er. janvier 1942, elles ont une conversation téléphonique, sans doute après s'être présentées leurs vœux pour l’année. A ce sujet, Melanie Klein écrit à Joan Riviere : " Ça ne mènera probablement à rien, mais c’est intéressant et instructif, voilà les points principaux. " Et, le 1er. mai suivant, après un nouvel entretien téléphonique, quand Melanie Klein propose à Anna Freud la tenue de réunions privées, confie-t-elle cette fois à Susan Isaacs : " Anna sembla très heureusement surprise par mon idée. D’abord, elle n’arrivait pas à croire que je fusse prête à accepter des compromis en ce qui concerne mon œuvre...". Des contacts personnels existaient certainement entre les membres des deux groupes, entre les " viennois " et les " kleiniens ", par exemple entre Joan Riviere et les Hoffer, amis de longue date. La lutte est moins acharnée dans la réalité qu’elle ne sera dans le fantasme des générations suivantes d’analystes.

En deuxième lieu, que défendent-elles, ces deux femmes, lorsqu’elles se disputent au sujet de la présence de la pédagogie dans la psychanalyse ? Anna Freud, pour sa part, soutient la valeur de son analyse avec son père. Comment ne serait-il pas pédagogique, puisqu’il est le père ? Et comment ne serait-il pas analyste, puisqu’il est le fondateur, le créateur du mot ? Melanie Klein, quant à elle, se débat dans des plus sombres conflits. Analyste de ses trois enfants, pédagogue, puisque mère, son aîné est mort dans un accident que sa fille, Melitta, semble considérer comme un suicide, se heurtant elle-même à sa mère analyste. Ce conflit est, lui, d’une telle violence qu’elles cesseront toute relation.

Melanie Klein forclot la présence de la pédagogie à l’intérieur de la psychanalyse, avec cet effet remarquable : l’objet de la forclusion réapparaît dans la réalité sous une double forme. D’abord, sous la forme d’une technique psychanalytique qui ne diffère en rien de la pédagogie, au moins tels qu’en témoignent ses exposés de cas et, plus fondamentalement, son rejet massif de la notion de contre-transfert, origine de sa rupture avec Paula Heimann. Toute approche de l’analyse qui ne prend pas entièrement en compte le contre-transfert est forcément pédagogique. Ensuite, par une conception particulière de l’analyse didactique (donc pédagogique), par une conception de la formation des analystes qui produira l’idéologie de l’analyste " sans mémoire et sans désir ", comme le formulera Bion, ou encore de l’analyste qui cache son fantasme de toute-puissance dans la revendication d’une complète absence de pouvoir, selon d’autres.

Au sujet de la formation analytique, Anna Freud aura une toute autre position. De manière surprenante pour ceux qui gardent une image figée et naïve de la fille de Freud, le 12 décembre 1945 elle écrit à Kris : " Je crois que la formation doit de nouveau se faire de manière dispersée, comme au début. Les gens doivent aller ici et là, trouver l’analyse qu’ils veulent, choisir les conférenciers qui ont quelque chose à leur apporter. Mon propre travail remonte à l’époque où la formation était dispensée sous forme diffuse, et je sais tout ce que cela a comme inconvénients. Mais si j’ai à choisir entre des déformations organisées de l’analyse et des inorganisées, je préfère les dernières ."

En troisième lieu, remarquons le point suivant. Les positions de ces deux analystes au sujet du rapport entre pédagogie et psychanalyse sont déterminées par leur propre accès au transfert et au contre-transfert, dans une rivalité toute sororale . Avec le temps, de nombreuses positions des deux analystes se rejoindront. Anna Freud acceptera très tôt la notion des stades précoces du conflit œdipien et, même si elle ne le théorise jamais, Melanie Klein finira par admettre la notion d’un certain travail avec les familles des enfants en analyse, d'après le témoignage d'un de ses élèves . En fait, dès 1956, certains auteurs en France refusaient de céder aux légendes des combats et de victoires dérisoires, pour s’atteler au travail plus réaliste de l’établissement des correspondances entre les thèses des deux analystes . Là réside le plus large de notre pratique contemporaine auprès des enfants : bénéficier des avancées théoriques kleiniennes en nous soutenant d’un dispositif thérapeutique anna-freudien.

De la pédagogie

Il convient, pour conclure, de dire deux mots sur la pédagogie. J’ai déjà proposé de comprendre toute analyse qui ne prend pas en considération le contre-transfert comme pédagogique. Nous savons qu’il n’est donné à aucun analyste d’être en permanence attentif à son contre-transfert. La pédagogie se glisse à l’intérieur de la psychanalyse au cours de ces nombreux moments d’inadvertance. Mais nous devons admettre également l’existence d’une pédagogie propre au contre-transfert, quelque chose comme une dimension " zen " de la psychanalyse, pour aller vite, à savoir : ne rien faire, dire, penser, avec quelqu’un, dans l’immobilité, le silence et la patience, c’est déjà lui apprendre à être immobile, silencieux et patient.

Lieu-tseu, dans son " Véritable manuel du vide parfait ", ainsi que Tchouang-tseu, ont montré une autre voie : être immobile en action, être silencieux en parlant et être hâtivement patient. Ou l’inverse. Lagache et Lacan ont effleuré les textes de nos ancêtres, se restreignant à Lao-tseu. Ses disciples se sont intéressés à la " pensée en action ".

Un proverbe chinois dit qu'il n'y a pas de pire crime que celui d'apprendre à quelqu'un ce qu'il peut découvrir tout seul. Cette idée, même si elle est juste, suscite de questions. Comment évaluer au plus juste ce que quelqu'un peut ou ne peut pas apprendre seul ? Même le plus pur maître " zen " est pédagogique, rien que par le fait d'exister. Il y a une dimension oubliée de la pédagogie. Celle qui fait dire que Socrate a été le plus grand pédagogue de tout temps. Cette tradition commence avec lui, mais vient jusqu'à l’établissement de l’enseignement laïque et obligatoire. Cette dimension, pour ainsi dire, noble ou altière de la pédagogie, dans un certain sens totalitaire aussi, s’est perdue au fur et à mesure de la banalisation de l’enseignement, de sa démocratisation, puis de sa relative dévalorisation sociale dans un monde qui vit à l’ombre de l’objet et de l’argent, oublieuse de la méditation, de la conversation et de la patience.

Pédagogie au sens socratique et psychanalyse au sens freudien sont intimement liées, ce qui ne veut pas dire que la psychanalyse puisse se réduire à une maïeutique ou à une dialectique, y compris celle de l’intersubjectivité. Ce qui empêche et interdit cette réduction est la prise en considération fondamentale par la psychanalyse de l’érotisme et de la séduction, des pulsions sexuelles et de la pulsion de mort, exprimées dans l’élaboration œdipienne ou dans son manque, objets de refoulement, d’élaboration après-coup et de retour du refoulé. Ce serait délicat, mais non pas inimaginable, de poser le problème de l’approche pédagogique de ces questions, y compris dans la mesure où depuis toujours chaque génération transmet à celle qui la suit une approche particulière de la sexualité, de la vie et de la mort. Cette transmission fait partie de la pédagogie. Il y a le plaisir d'enseigner et il y a l'enseignement du plaisir. Et nous revoilà : il y a un éveil à l’érotisme et il y a aussi un érotisme de l’éveil, ce que les psychanalystes ont peut-être appelé sublimation, symbolisation ou épistémophilie, c’est-à-dire curiosité, envie de savoir, soif de découvertes, source de la pensée.